Malgré un contexte économique incertain, la ville adopte pour 2026 un budget ambitieux, marqué par un niveau d’investissement exceptionnel et une stabilité des impôts pour les habitants.
L’adoption du budget 2026 par le conseil municipal intervient seulement quelques semaines après les élections municipales. Ce délai très court tient à l’obligation pour les communes d’adopter leur budget avant le 30 avril les années d’élections municipales. Si le budget de la commune est voté chaque année, il s’inscrit dans le cadre d’une stratégie budgétaire et financière pluriannuelle. Cette trajectoire est définie collectivement par l’équipe municipale, sous l’égide du Maire et animé par le Maire Adjoint aux finances, en début de mandat et en fonction des priorités politiques présentés aux joinvillais lors des élections à travers le programme. En fonction des événements et du contexte national voire international, cette trajectoire peut être adaptée chaque année lors du vote du budget. Le budget 2026 est donc un budget particulier puisqu’il se situe à un moment charnière : à la fin d’un mandat et au début d’un nouveau. Il porte donc la marque de l’ancienne et de la nouvelle mandature.
Un investissement record
Ce budget 2026 dégage une enveloppe de 24 millions d’euros pour les dépenses d’investissement, soit près de 36% du budget total de la Ville qui s’élève à 67 millions d’euros. L’investissement concerne l’ensemble des dépenses qui créé ou augmente le patrimoine communal. En 2026 l’investissement se répartit sur plusieurs postes très importants 3,3 millions d’euros sont consacrés à l’entretien du patrimoine existant (réhabilitation de l’Eglise Saint Charles de Borromée, écoles, crèches…). 3,2 millions d’euros vise l’aménagement des espaces publics (réaménagement de la place Mozart, reprise des trottoirs, étude de rénovation de l’avenue Foch…). 1,6 million d’euros concerne les équipements nécessaires aux services municipaux (mobilier scolaire, équipements informatiques, arbres…). A ces opérations s’ajoutent la construction du 3e gymnase (7 millions d’euros en 2026), un nouveau centre technique municipal (2,1 millions d’euros) et l’extension du réseau de vidéoprotection (150 000 euros).
Stabilité de la fiscalité communale et des tarifs municipaux
Pour la 12e année consécutive, la municipalité n‘augmentera pas les taux de taxe foncière. Le produit total des impôts directs locaux devraient s’élever à 24,6 millions d’euros. Les tarifs des services municipaux fréquentés quotidiennement par les usagers (cantine, activités périscolaire…) seront également stabilisés. Le nouveau Maire Francis Sellam et son équipe veulent envoyer un message de soutien aux joinvillais dès le début du mandat en ces temps difficiles pour le pouvoir d’achat.
Maitrise des dépenses de fonctionnement
Sans sacrifier la qualité des services publics, la commune fait le choix de maîtriser les dépenses de fonctionnement. Ces dépenses, qui s’élèvent à un total de 43,1 millions d’euros, correspondent aux dépenses nécessaires au fonctionnement des services publics municipaux : restauration scolaire, assurances, fournitures scolaires, dépenses de personnel, elles diminuent de 460 368 euros par rapport au budget 2025.
Un soutien aux services publics et au tissu associatif
Ces 43,1 millions d’euros de dépenses de fonctionnement illustrent également le soutien de la commune aux services publics et aux associations. En effet, la subvention versée par la commune au Centre Communal d’Action Sociale (qui est en charge des publics fragiles, isolés et des personnes âgées) augmente de 35 000 euros pour s’élever à 1 125 148 euros. De la même manière, la commune versera un total de 965 614 euros aux associations joinvillaises dont 281 000 euros pour les associations sportives, 572 000 euros pour les associations à caractère social, 59 000 euros pour les associations culturelles, 15 500 euros pour les associations de défense de l’environnement et 6 000 euros pour les associations œuvrant pour le devoir de mémoire.
Un contexte toujours plus incertain
Le mandat 2020-2026 a connu des crises successives à l’échelle nationale et internationale. L’année 2026 a été marquée aussi par de nombreuses incertitudes avec la poursuite du conflit en Ukraine et de nouveaux conflits au proche et moyen orient. La situation des finances publiques nationales constitue également un facteur d’instabilité. L’immensité de la dette publique nationale et l’ampleur du déficit étatique augurent sans doute d’une prochaine mise à contribution des collectivités territoriales. Cette année, l’État a ainsi réduit de 163 000 euros son soutien financier à la commune.
Dans ce contexte, la commune envisage le début de mandat avec prudence mais volontarisme. En continuant de faire des choix budgétaires responsables, la municipalité continuera d’aider la population, avec une attention particulière aux plus démunis et aux plus fragiles, de soutenir les associations qui œuvrent quotidiennement au lien social et à l’animation de la ville. Elle continuera le développement de ses services publics, plus particulièrement pour les jeunes et les seniors. Enfin ce budget traduit le souci de cette nouvelle équipe municipale de préparer l’avenir, avec une politique concrète en faveur de la transition écologique, dans une ville sûre et apaisée.
Record d’investissement : 24 millions d’euros pour améliorer votre quotidien
Les projets d’investissements structurants témoignent du dynamisme de la commune. la part d’investissement de la commune atteint un niveau inédit en 2026, pour améliorer concrètement le cadre de vie des habitants et préparer l’avenir.
Entre 2008 et 2025, l’actif de la commune, c’est-à-dire son patrimoine au sens large, est passé de 100 millions d’euros à 244 millions d’euros. Cette politique en matière d’investissement a permis à Joinville de se transformer, d’offrir à ses habitants de nouveaux équipements publics (Gymnase du Bataillon, École de danse Aurélie Dupont, le Spot…), de redynamiser son centre-ville (Zac des hauts de Joinville, commerces), de redonner une place à la nature (création du parc Jacques Chirac, renaturation). Elle répond aussi aux enjeux énergétiques et climatiques.
Construction d’un 3e gymnase Boulevard des alliés
Livré au printemps 2027, ce nouvel équipement dédié à la pratique sportive de près de 3 000 m² permettra d’accueillir davantage d’associations et de proposer plus de créneaux aux scolaires. Il sera composé d’une halle sportive multisports, d’un espace dédié à la gymnastique ainsi qu’une salle de boxe. La dimension environnementale n’a pas été oubliée puisque les matériaux utilisés pour la construction ont été choisis dans une logique de performance environnementale, avec une faible empreinte carbone et le souci de la préservation de la biodiversité.
Pour financer ce projet au coût total de 9,3 millions d’euros (dont 7 millions inscrits au budget 2026), les services de la commune se sont montrés actifs sur la recherche de financement et ont obtenu près de 1,9 million de subventions auprès de la Région Ile-de-France et de l’Agence Nationale du Sport (soit 20,43% du coût de l’opération). Comme pour l’ensemble des gros projets d’investissement le « reste à charge » sera couvert par les fonds propres de la collectivité et le recours à l’emprunt.
Réhabilitation des intérieurs de l’Église Charles de Borromée :
La commune a souhaité redonner sa splendeur à cet édifice emblématique et garantir la pérennité du bâtiment qui a obtenu en 2023 une labellisation au patrimoine d’intérêt général. Le coût total de l’opération est de 2,1 millions d’euros dont 1,6 millions inscrit sur le budget 2026 avec une livraison prévue en septembre 2027. La commune a obtenu un financement de 200 000 euros auprès de la Région Île-de-France (9,52% du coût total) dans un contexte où les partenaires institutionnels voient également leurs marges de manoeuvre se réduire très fortement pour apporter un soutien financier.
Extension de l’École de Musique
Ce projet situé 22 quai Pierre Brossolette va venir compléter l’offre en termes d’accueil des bâtiments qui sont implantés sur l’Ile Fanac. Il permettra une proximité directe avec la Scène Prévert et une meilleure visibilité puisque le bâtiment deviendra le siège social de l’École de Musique. 514m² seront dédiés à la pratique musicale sur 2 niveaux. Le début des travaux d’aménagement est prévu au 4e trimestre 2026 et la livraison de l’équipement pour la rentrée 2027/2028. Le coût total de l’opération s’élève à 2,1 millions dont 300 000 euros au budget 2026.
Création d’un Centre technique municipal
A ce jour les régies municipales qui assurent l’entretien des voiries, des bâtiments communaux et la propreté de la commune sont dispersées sur son territoire. La création d’un pôle technique au 150 quai de Polangis s’inscrit dans une logique de regroupement qui va contribuer à un gain de productivité, à une réduction de l’empreinte carbone (moins de déplacements) ainsi qu’à la préservation du patrimoine communal puisque l’implantation de ce pôle est prévue dans les locaux appartenant jusqu’alors à l’US Métro.
Ce projet est également vertueux en matière de gestion de l’argent public puisque son coût est estimé à 5 millions (compte tenu du rachat des locaux de l’US Métro pour 1,5 millions d’euros) contre 10 millions initialement.
2,1 millions d’euros sont inscrits au budget 2026 pour procéder à l’acquisition des locaux et aux premiers travaux d’aménagement. La livraison du bâtiment est prévue en septembre 2027.
Sécurité publique, transition écologique, voirie
La commune va continuer d’investir dans le domaine de la sécurité (poursuite du déploiement du réseau de vidéoprotection), pour la transition écologique (travaux d’isolation des bâtiments publics, désimperméabilisation des sols, renaturation, cours Oasis dans les écoles, éclairage public au LED…), l’entretien des voiries et le renouvellement ou la modernisation de ses infrastructures afin de s’engager encore plus fortement dans la dématérialisation et répondre aux nouveaux enjeux (cybersécurité par exemple) avec une administration qui se modernise avec une simplification des démarches ; tournées vers le numérique.
Interview : Brahim Bahmad, adjoint au maire délégué aux finances, trace les grandes lignes du budget 2026 et de la mandature qui s’ouvre.
Vous êtes le nouveau Maire-adjoint aux finances. Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ? Je suis joinvillais depuis toujours. Après des études supérieures dans les métiers de la banque et de la finance, j’ai entamé une carrière dans le secteur du numérique et du conseil. Parallèlement je me suis engagé très tôt dans la vie politique locale avec l’envie de rendre à ma ville natale ce qu’elle m’avait donné. Je suis aussi engagé dans le milieu associatif joinvillais avec deux causes qui me tiennent particulièrement à coeur : l’inclusion et l’environnement.
Quelle est la situation financière de la commune en 2026 ? J’aimerais rappeler que la nouvelle équipe municipale hérite d’une très bonne situation financière. Les deux derniers mandats, sous l’égide de Francis Sellam comme 1er adjoint au Maire en charge des finances, ont été marqués par l’esprit de responsabilité et une volonté de gestion rigoureuse. Joinville dispose d’une situation financière solide, qui nous permet de présenter un budget solide et robuste au service des joinvillais, malgré les nombreuses crises traversées depuis 2020 (Covid, inflation, crise énergétique, conflits…).
Quelles sont les priorités de ce budget 2026 ? Ce budget est un budget de transition. Et cela à plus d’un titre. Tout d’abord il est le point d’orgue du cycle d’investissement de la précédente mandature. Ce budget prévoit ainsi une enveloppe de 24 millions d’euros d’investissement pour créer de nouveaux équipements publics ou améliorer le cadre de vie (un 3ème gymnase, la rénovation de la voirie par exemple). Ce niveau d’investissement est exceptionnel pour une commune de notre taille. Si notre équipe porte un discours de gestion rigoureuse des finances, c’est au service d’une ambition : investir aujourd’hui pour améliorer concrètement le quotidien des habitants.
Ce budget de transition ne porte pas encore toutes les priorités politiques de la nouvelle équipe municipale. Les joinvillais ont fait le choix d’un programme qui nécessite de la préparation et du temps dans sa mise en œuvre. Le budget 2027 portera plus significativement la marque de cette nouvelle équipe et de son ambition. Enfin c’est un budget au service de la transition écologique. Ce budget comporte des crédits significatifs au service de cette ambition : désimperméabilisassions et végétalisation des espaces publics, renouvellement de la flotte automobile par des véhicules électriques, préparation des écoles aux fortes chaleurs…
Avec cette nouvelle équipe, dont vous êtes le nouvel adjoint aux finances, pouvons-nous attendre des nouveautés ? Notre priorité est claire : protéger les habitants, investir pour l’avenir et garantir une gestion responsable des finances publiques.
Pour ce faire, je m’inscrirais dans la continuité des 2 derniers mandats : une gestion responsable et rigoureuse des deniers publics. Ceci afin de poursuivre notre ambition au service des joinvillais sans impact sur les impôts. Je peux d’ailleurs annoncer que, pour la 12e année consécutive, la municipalité n‘augmentera pas les taux de taxe foncière en 2026, tout en continuant à investir et à maintenir les services publics.
Même si la situation est solide, nous devons rester vigilants face à l’inflation et aux coûts de l’énergie. C’est pour que cela que notre équipe, sous l’impulsion de notre Maire Francis Sellam, portera une volonté de transparence à l’égard des joinvillais. J’ai ainsi le plaisir de vous annoncer que nous communiquerons plus régulièrement sur l’usage des finances communales tout au long de ce mandat. A travers le Mag’Zine ou d’autres supports d’informations, nous voulons informer aussi régulièrement que possible les joinvillais des moments forts du budget communal.